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Stéphane Garcia Secrétaire Général de "Et Pk pas?" : "La consultation en ligne, un complément utile pour favoriser la participation des jeunes au débat public"

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Stéphane Garcia Secrétaire Général de "Et Pk pas?" : "La consultation en ligne, un complément utile pour favoriser la participation des jeunes au débat public"
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Le secrétaire général de "Et Pk Pas" revient sur le succès de la consultation qui a réuni près de 14 000 citoyens suisses pour repenser le service Citoyen.

Pouvez-vous tout d’abord présenter “Et Pk Pas ?” et son activité ?

Et pk pas ? est une association genevoise reconnue d’utilité publique qui cherche à renforcer la participation démocratique des jeunes. Pour cela, nous organisons des soirées animées par des jeunes pour des jeunes (18-25 ans) à chaque fois qu’il y a des votations. Quatre fois par an, nous en proposons 50 dans tout le canton, soit 200 par année. Par ailleurs, nous travaillons actuellement à la création d’une Maison de la démocratie à Genève, consacrée aux jeunes, qui sera inaugurée à l’automne 2026.

Vous avez lancé en 2025 sur Make.org, une grande consultation citoyenne à destination des jeunes Suisses en leur posant cette question : “Comment repenser le service obligatoire en Suisse, pour toutes et tous ? (armée, protection de l’environnement, aide aux aînés, protection civile…)”. Quel sentiment avez-vous ressenti face à l’engouement que cette démarche a suscité  ? (13 946 participants, 360 propositions, 107 271 votes)

Beaucoup de satisfaction, et même de fierté. Au départ, nous ambitionnions entre 6000 et 8000 participants. Atteindre le double constitue un résultat inattendu. Au niveau suisse, cela représente une belle performance, qui a montré que ce projet pilote répondait à certaines attentes.

Certaines propositions et réponses des citoyens vous ont-elles étonné ? Y a-t-il des résultats auxquels vous ne vous attendiez pas du tout ?

Le débat est assez conforme à ce qu’on a entendu lors de la campagne pour ou contre l’initiative “Service citoyen”, sur laquelle le peuple suisse a voté le 30 novembre 2025. Il s’agit d’un sujet très controversé que reflètent bien à la fois les propositions et les réponses. En somme, cette consultation a été un prolongement en ligne du débat public qui se tenait au même moment.

Pensez-vous que les résultats de cette consultation vont permettre de faire avancer le débat autour du service obligatoire en Suisse ? Notamment auprès des institutions politiques, des citoyens ou bien auprès d’autres acteurs en particulier ?

Nous pouvons l’espérer. En tout cas, les résultats montrent que le débat reste ouvert, et qu’il faut donc le poursuivre. Sur la question du service civil, un acquis récent (1996) mais qui est remis en cause par des restrictions toujours plus grandes, le débat va nécessairement se poursuivre car un référendum a été déposé contre ces restrictions. La consultation a montré que 67% des jeunes souhaitent faciliter l’accès au service civil et renforcer son utilité. Nous espérons que les acteurs politiques auront pris note de ce résultat saillant.

Les jeunes et les femmes sont globalement plus favorables aux idées centrées sur l’inclusion, la conciliation du service avec les projets de vie, la diversification des domaines de service et le renforcement du choix et du volontariat. Est-ce que cela vous a étonné et comment pensez-vous que ces éléments pourront permettre de faire avancer le débat ?

La “Gen Z” s’est exprimée ! Il y a un champ de tension important entre cette notion d’obligation de servir et l’aspiration à un engagement utile fondé sur un libre choix.  C’est bien là le cœur du débat. Il faudra que la voix de ces jeunes soit entendue au niveau politique pour éviter que le service – une notion noble dans une société où l’individualisme s’impose de plus en plus – soit perçu comme une simple corvée et perde de son sens.

Envisagez-vous de maintenir ce lien avec les citoyens après la consultation ? Et si oui comment ?

Nous sommes un acteur local en Suisse, où le fédéralisme rend difficile l’action au niveau national. Dans le cas de cette consultation, 14'000 personnes se sont exprimées dans les trois principales langues nationales. Notre objectif consistait notamment à montrer que l’outil de la consultation en ligne offrait un complément utile, auprès de la jeunesse, pour favoriser sa participation au débat public. Si nous n’avons pas les forces, en tant qu’association, pour nous profiler comme un acteur national, nous avons en revanche profité de cette expérience pilote pour nouer de nombreux contacts avec d’autres associations dans toute la Suisse. Un atout précieux pour continuer à dynamiser le débat démocratique à l’avenir.

Pour conclure, que vous a apporté Make.org dans ce projet/consultation ? Etes-vous satisfaits de l’accompagnement proposé par les équipes ?

Nous avons eu le plaisir de travailler avec une équipe très pro, dotée d’un outil dont nous avons découvert la performance. Le résultat, en termes quantitatifs et qualitatifs, nous a convaincus de la pertinence de la démarche. Dans le cadre d’une démocratie semi-directe, où le débat public est essentiel pour forger les opinions, l’outil proposé par Make.org fait sens afin d’embarquer des jeunes dans la vie démocratique.

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