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Le Monde d'Après

#MondeAprès : les citoyens souhaitent que la protection de la nature et de la biodiversité devienne une priorité politique

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#MondeAprès : les citoyens souhaitent que la protection de la nature et de la biodiversité devienne une priorité politique

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Deux fois par semaine, Make.org analyse une idée fréquemment citée par les participants à la consultation “Comment inventer tous ensemble le monde d’après ?”. (photo Siska Vrijburg/Unsplash)

Initiée le 10 avril par La Croix-Rouge française, le WWF France, Make.org et le Groupe SOS, en partenariat avec Unis-Cité et le Mouvement UP, la consultation citoyenne “Comment inventer tous ensemble le monde d’après ?” a déjà réuni 54 000 participants, 14 000 propositions et 430 000 votes

Plusieurs médias, comme Ouest-France, Phosphore, Reporters d'Espoirs, Sparknews, SoGood et Chari-T, sont également partenaires de cette consultation.

💡 Chaque semaine, nous analysons un thème qui ressort de cette consultation. Aujourd’hui : “La biodiversité et la nature”, évoqués dans 402 propositions à ce jour. Voici les principales idées citées à ce sujet :

Faire de la biodiversité une priorité politique

Les citoyens sont nombreux à réclamer que la biodiversité devienne une priorité politique et soit protégée par de nouvelles lois, notamment pour limiter l’agriculture intensive, la surpêche et la destruction des espaces naturels. Ainsi, Chrystelle propose : 

Il faut positionner les questions écologiques et de conservation de la biodiversité au cœur de toutes décisions gouvernementales.

Le droit devrait aussi être renforcé pour établir un statut juridique du vivant et reconnaître les écocides. Pour atteindre ces objectifs, une coordination européenne est jugée nécessaire, comme le préconise Edouard : 

Il faut instituer l'écocide dans la législation européenne afin de contraindre les entreprises à tenir compte de leurs actes sur la nature.

Mieux prendre en compte la nature dans les villes

Les participants à la consultation souhaitent que tout projet de construction touchant à un espace naturel soit précédé d’expertises scientifiques pour en limiter l’impact sur la biodiversité. Cela passerait notamment par une valorisation du rôle des associations de protection de la nature. Raphaël et Philippe suggèrent : 

Il faut passer tout projet public, privé, commun ou personnel au prisme scientifique de l'impact sur la nature et la biodiversité. 
Il faut revoir la présence et le pouvoir des APN (association de protection de la nature) dans les lieux de décisions des collectivités.

Il est également question, comme le dit Coline, de favoriser la biodiversité dans les villes en végétalisant les bâtiments : 

Il faut encourager la végétalisation des villes pour les climatiser, produire de la biodiversité et des denrées alimentaires.

Protéger les forêts et les réserves naturelles 

Selon les propositions recueillies, favoriser la biodiversité passe également par la préservation des forêts, le reboisement (en évitant les mono-cultures) et la replantation de haies et de talus sur tout le territoire pour recréer des habitats, en ayant notamment recours à des pratiques innovantes comme l’agroforesterie et la sylviculture. Christian affirme :

Il faut reboiser massivement pour recréer une biodiversité, de l'habitat pour les animaux et en même temps séquestrer du CO²

Les citoyens réclament également une extension des espaces naturels protégés. Comme Hugo :

Il faut une politique de préservation des espaces naturels via la création de réserves marines/terrestres préservées de l'activité humaine.

Il faut une politique de préservation des espaces naturels via la création de réserves marines/terrestres préservées de l'activité humaine.

Sensibiliser dès le plus jeune âge à la protection de la nature

Beaucoup de propositions évoquent la nécessité de sensibiliser l’ensemble de la population aux questions de biodiversité, et notamment les enfants, en donnant plus de place à la protection de la nature dans les enseignements scolaires. Ou encore en mettant en place, par exemple, des leçons de jardinage pour leur faire prendre conscience de la diversité et de la fragilité du monde animal et végétal. Ainsi, Laure et Cyprien proposent : 

Il faut réapprendre aux enfants et adolescents le nom des plantes, des animaux, des espèces et les sensibiliser à leur protection. 
Il faut davantage sensibiliser l’opinion publique au lien entre pandémie et destruction de la biodiversité par les activités humaines.

Protéger les espèces sauvages

Au-delà des villes, les participants à la consultation souhaitent protéger les animaux sauvages et leurs habitats en créant des ponts de nature près des autoroutes, mais aussi en sanctuarisant les réserves et parcs naturels, voire en réhabilitant volontairement certaines espèces. PHJP recommande : 

Il faut stopper la destruction des espaces naturels quitte à employer la manière forte et réensauvager intelligemment les lieux saccagés.

Certains, comme Amélie, appellent également fortement de leurs voeux l’interdiction de la chasse des animaux sauvages et de leur commerce : 

Il faut stopper définitivement le trafic d'animaux sauvages à l'échelle planétaire, démanteler les réseaux et supprimer les lieux de vente.

Des chiffres alarmants

Ces préoccupations des citoyens sont la conséquence de chiffres alarmants régulièrement publiés par les experts. En mai 2019, l’IPBES, la plateforme internationale sur la biodiversité, révélait que plus d’un million d’espèces animales et végétales (sur 8 millions) étaient en danger d’extinction.

Le WWF, pour sa part, rappelle que près de 7,6 millions d’hectares de forêts ont disparu chaque année entre 2010 et 2015, soulignant que “la déforestation est une cause majeure de la perte de la biodiversité et du réchauffement climatique. Elle cause la perte des moyens de subsistance des populations locales qui en dépendent et la perte de ressources en eau. La déforestation nous fragilise aussi contre les risques naturels.” Dans son rapport “Érosion de la nature et émergence des pandémies”, l'ONG alerte aussi sur le fait que “les risques de transmission d'agents pathogènes, tels que les virus, des animaux sauvages et domestiques aux humains peuvent être accrus par la destruction et la modification des écosystèmes naturels, le commerce illégal ou incontrôlé des espèces sauvages et les conditions insalubres dans lesquelles ces espèces commercialisées”.

Nombre de chercheurs établissent également ce lien entre les ravages de l’activité humaine sur la biodiversité et la multiplication des épidémies provenant d’animaux, comme la crise actuelle du Covid-19. Dans une interview à 20 minutes, Philippe Grandcolas, directeur de recherche au CNRS, affirme : “Cette épidémie de coronavirus est révélatrice de l’état actuel de la biodiversité. Plus précisément, de la façon dont l’homme la maltraite”.

🙋 Participez à la consultation

👉 Découvrez l’ensemble de l’initiative “Inventons le monde d’après”




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