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Le Monde d'Après

#MondeApres : la solidarité et l’entraide au cœur de la crise, et au-delà

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#MondeApres : la solidarité et l’entraide au cœur de la crise, et au-delà

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Chaque semaine, Make.org analyse un thème fréquemment cité par les participants à la consultation “Comment inventer tous ensemble le monde d’après ?”. (photo @unitednations/Unsplash )

Initiée le 10 avril par La Croix-Rouge française, le WWF France, Make.org et le Groupe SOS, en partenariat avec Unis-Cité et le Mouvement UP, la consultation citoyenne “Comment inventer tous ensemble le monde d’après ?” a déjà réuni 120 000 participants, 20 600 propositions et 1,2 million de votes

💡 Chaque semaine, nous analysons un thème qui ressort de cette consultation. Aujourd’hui : “La solidarité et l’engagement”, évoqués dans 835 propositions à ce jour. Voici les principales idées citées à ce sujet :

Développer les valeurs de solidarité et d'entraide dans la société 

En pleine crise du Covid-19, les citoyens sont nombreux à évoquer la nécessité d’une société plus solidaire, en renforçant l’apprentissage de l’entraide dès le plus jeune âge à l’école, et en consacrant une partie du temps de travail à l’engagement. 

Benoît : Il faut rendre obligatoire le permis solidaire pour vivre en société (gestes premiers secours, points de solidarité,...).
Annelise : Il faut développer des matières : cours de bienveillance, de solidarité, de valorisation de la différence, bien-être, développement personnel, à l’école.

Globalement, beaucoup de propositions appellent à pérenniser les réflexes solidaires nés pendant la crise sanitaire, comme les réseaux qui se sont développés pour la confection de masques ou la distribution de nourriture.

Mussard : Il faut organiser les réseaux d'entraide (à l'instar de ceux mis en place dans certains endroits en temps de COVID).

Valoriser l’engagement citoyen et le rôle des associations 

Un grand nombre de participants à la consultation souhaitent que le rôle des associations soit renforcé, en leur octroyant davantage de moyens et de subventions publiques, et en leur donnant plus de poids dans les instances de décisions locales ou nationales. 

Mélanie : Il faut que l'Etat valorise financièrement les bénévoles d'associations œuvrant pour les plus démunis.
Philippe : Il faut revoir la présence et le pouvoir des APN (association de protection de la nature) dans les lieux de décisions des collectivités.

Les discussions tournent également autour de l’engagement individuel : certains préconisent d’encourager le bénévolat par des incitations financières et fiscales, d’autres de permettre un aménagement du temps de travail au profit de l’activité associative. Un passage obligatoire dans une structure associative au cours de la vie est même envisagé. 

Yann : Il faut réduire le temps de travail pour favoriser le bénévolat/entraide, les temps en famille, l'épanouissement personnel hors rémunération
Anne-Sophie : Il faut proposer un système de passage obligatoire (d'une durée à évaluer) pour chaque individu au sein d'une association humanitaire proche

Recréer du lien social, notamment par la solidarité intergénérationnelle

Dans la consultation, la nécessité de recréer du lien social est fréquemment mentionnée : dans les quartiers, entre voisins, dans les campagnes, grâce à des projets communs, des journées spécifiques ou des habitats plus collectifs. Mais aussi entre les générations, en rapprochant les jeunes des aînés pour lutter contre l’isolement et favoriser la transmission. Les citoyens proposent des solutions comme une plus grande ouverture des Ehpad et leur rapprochement avec des crèches, ou encore la cohabitation intergénérationnelle pour les étudiants.

Soham : Il faut plus de lien social au quotidien, des animateurs dans nos quartiers pour aider, guider, animer, proposer des éléments positifs.
Carine : Il faut créer une journée de la solidarité où chaque mairie organiserait une manifestation festive pour créer localement du lien social.
Laetitia : Il faut lancer des liens systématiques intergénérationnels ; exemple entraide seniors-enfants (aide scolaires, visites d'EHPAD), décloisonner.

Penser le revenu universel pour favoriser la solidarité

Très discuté, le sujet du revenu universel est perçu par de nombreux participants comme un moyen de réinventer la société. L’instauration de ce revenu universel - dont le montant varie selon les propositions - aurait un double objectif : la solidarité et l’épanouissement personnel. En effet, selon certains citoyens, il permettrait de réduire les inégalités et les situations d’extrême pauvreté, mais aussi de libérer du temps pour soi et pour s’investir auprès des autres. 

Eli : Il faut donner un revenu universel pour qu'il n'y ait personne dans la pauvreté, que chacun puisse se loger se nourrir s'éduquer se soigner.
Claude : Il faut instaurer un revenu universel à 1000€ : moins de souci matériel favorisera l'entraide, le partage, l'altruisme.

Les modalités d’un tel dispositif font débat : son attribution devrait-elle être inconditionnelle, ou soumise à certaines conditions ou contreparties, comme le fait d’avoir une activité associative ?

Ami : Il faut un revenu universel qui se substituerait à toutes les aides à la personne en contrepartie d'un bénévolat au profit du bien commun

Développer le service civique 

Déjà existant, le Service civique fait l’objet de nombreuses propositions. Selon les citoyens, il pourrait ainsi être rendu obligatoire, ou répété à échéances régulières de cinq ou dix ans, et devrait être orienté spécifiquement vers les grands enjeux de demain, comme l’environnement et l’agriculture. 

Eric : Il faut un service civique de trois mois tous les dix ans à choisir dans la santé, l'éducation, l'écologie, le social, le digital.
Laurent : Il faut créer un service civique agricole.
Marie : Il faut instaurer un service civique environnemental obligatoire.

Enfin, quelques participants suggèrent d’étendre globalement le dispositif pour mieux préparer les réseaux de solidarité en prévision de périodes de crise, au cours desquelles il se révèle particulièrement utile.

Eléments de contexte

  • L’isolement social concerne plus de 5,5 millions de personnes, soit plus d’une sur dix en France (selon l’avis 2017 du CESE “Combattre l’isolement social pour plus de cohésion et de fraternité”).
  • En 2017, 32 % des jeunes déclaraient participer aux activités d’une association (baromètre de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire). En 2018, 41 % des 18-30 ans s’étaient déjà renseignés sur les organisations humanitaires et sociales, et 50 % sur le service civique (selon une étude Opinion Way pour La Croix).
  • Le Service Civique, créé en 2010, a remplacé le service national mais sous une forme non obligatoire, en proposant aux jeunes de 16 à 25 ans de consacrer 6 à 12 mois de leur vie à des missions d’intérêt général auprès d’associations, collectivités locales ou services publics d’état (écoles, hôpitaux etc.). Il touche aujourd’hui un peu plus de 10% d’une classe d’âge (80 000 jeunes par an). La demande des jeunes est 3 à 4 fois plus importante que le nombre de places permises par le budget alloué par l’Etat au dispositif.
  • Selon Marie Trellu-Kane, présidente d’Unis-Cité : « La crise a montré la culture d’engagement et de solidarité qui prévaut dans notre pays, et nous pouvons en être fiers. Parmi les autres, les jeunes engagés en Service Civique se sont fortement mobilisés, à distance comme sur le terrain, pour lutter contre l’isolement social et apporter de l’aide aux plus démunis (portage de repas à des personnes âgées ou handicapées, distributions alimentaires, soutien aux centres d’accueil de personnes sans abris et/ou réfugiées, aujourd’hui distributions de masques…). Comme beaucoup de citoyens qui ont fait cette proposition dans le cadre de cette consultation, Unis-Cité est convaincue qu’il faut aujourd’hui investir massivement dans le développement du Service Civique, qui répond à la fois à l’envie d’engagement des jeunes et au besoin de mobiliser les citoyens face à des besoins sociaux et environnementaux sans précédent ».
  • Dans un courrier au Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, le Mouvement Associatif appelle à « ce qu’on donne les moyens au service civique de changer d’échelle et de se généraliser ».


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