Agir pour mieux manger

Marre du “poisson en cubes” et des “omelettes en bouteille” ! Les élèves d’une école parisienne imaginent la cantine de demain

Publié le
11/10/2019
par
Lisa Vaturi
∙ Mis à jour le
18/10/2019
À l’occasion de la Semaine du Goût, une classe de CE2-CM2 a participé, le 11 octobre, à la Serre pédagogique de Saint-Ouen, aux ateliers de transformation de la Grande Cause de Make.org “Agir pour mieux manger”.

C’est une nuée de petites toques blanches qui poussent des “aaaaah” et des “oooooh” quand on leur parle de la cantine, de goûter du chocolat ou… des insectes. Le 11 octobre, à la Serre pédagogique de Saint-Ouen, 200 enfants des écoles primaires alentour sont réunis dans le cadre de la Semaine du Goût. L’après-midi se déroule autour de dégustations de fromages, d’épices, de discussions autour de la pomme de terre ou de l’agriculture urbaine.... Une classe de double niveau CE2-CM2 d’une école du 18e arrondissement de Paris participe, elle, à deux ateliers, pour contribuer à construire le plan d'actions de la Grande Cause de Make.org “Agir pour mieux manger”.

"On va réfléchir ensemble à comment mieux manger à la cantine, explique Estelle Colas, la directrice des Grandes Causes chez Make.org. On a fait une grande enquête, et plein de gens nous ont donné plein d'idées. Les adultes, eux, ils pensent qu'il faut manger des choses bonnes pour la santé, pas trop salées, pas trop sucrées, pas trop grasses, qu'il ne faut pas gaspiller...  Mais aujourd'hui, on voudrait avoir l'avis de ceux qui mangent vraiment à la cantine !"


On aime

Assis en cercle, il y a là Israa, Anna, Malo, Elliott, Liam, Alvaro, Anaïs, Alya, Valentine, Linh et Arsène, accompagnés de leur institutrice. À la première question, "qu'est-ce que j'aime à la cantine ?", les réponses restent prudentes : "Faire des mélanges", "me reposer", "me marrer avec les copains"... Malo concède qu'il "aime bien la purée". Et Linh apprécie le fait que “tu peux laisser ce que t’aimes pas”.


On n’aime pas

Et qu'est-ce qu'on n'aime pas, alors, à la cantine ? Les jugements sévères pleuvent : “Les omelettes sont stockées dans des bouteilles” ; "y'a trop de sauce, on dirait de la bouillie" ; "les plats sont préparés quatre jours à l'avance, ils arrivent dans des camions" ; "on dirait de la nourriture en poudre reconstituée" ; "c'est pas bon et je suis sûre que c’est même pas bon pour la santé" ; “on mange trop rarement des choses qui font plaisir, comme des hamburgers”... 



Sur les questions écologiques, les avis divergent. D’un côté de la salle, on s’indigne : “Ils cuisent les aliments dans du plastique, c’est du poison” ; “c’est bête de faire des plats pas bons parce qu’on mange pas et c’est du gâchis”. De l’autre, on se plaint parce qu’“après le repas, il faut trier, et ça prend du temps” ou qu’“on est parfois obligé de manger végétarien” !

On a des idées

Alors, comment faire pour améliorer la cantine ? Les mains se lèvent, on trépigne pour partager ses idées, qui sont notées une par une sur des post-its.



Alya voudrait “planter des carottes et des tomates dans des bacs dans la cour plutôt que de prendre des trucs qui viennent du Pakistan”. Arsène souhaiterait manger “plus souvent des pâtes, et pas forcément toujours de la purée et du poisson en cubes”. Linh juge que “ce n’est pas une bonne idée de prendre des plats faits dans des usines”, elle aimerait que “les légumes viennent d’un potager et que la viande vienne d’animaux qui meurent joyeusement”. Valentine égrène les qualité d’une nourriture “équitable”, comme elle dit : “Des choses pas trop salées, pas trop sucrées, avec des vitamines, des minéraux, et aussi du fer”. Elliott recommande que les plats soient “mieux cuits, parce que quelquefois, les pâtes, elles sont dures”. Malo insiste, lui, pour que les repas ne soient “pas trop gras quand les classes ont sport”, et que “l’eau soit meilleure, parce que les verres sont sales”

On vote

Vient le moment du vote. Trois idées sont plébiscitées : “avoir des repas préparés par des vrais cuisiniers”, “planter un potager dans l’école”, et “faire parfois la cuisine nous-mêmes”. Sauf que le problème, souligne une petite voix, “c’est que les petits de CP risquent de se brûler”.

Dans le second atelier, une proposition fait l'unanimité : "Il faudrait faire venir le maire à la cantine, pour qu'il goûte et qu'il voie lui-même que c'est pas bon. En plus, c'est bientôt les élections !"

Autant de bonnes idées qui viendront nourrir le plan d’actions de la Grande Cause Agir pour Mieux Manger, que Make.org révélera début 2020.

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