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[#StopAuxViolencesFaitesAuxFemmes] 4e Rendez-Vous de la Communauté d’Actions

Publié le
11/4/2019
par
Lisa Vaturi
∙ Mis à jour le
16/5/2019
Les partenaires de la Grande Cause Stop aux Violences Faites aux Femmes se sont réunis dans les locaux de Coorp Academy, dans le 2e arrondissement de Paris. L’occasion, notamment, de faire le point sur 3 actions qui ont significativement avancé.

“Une Grande Cause, c’est d’abord une coalition gigantesque…” C’est par ces mots qu’Axel Dauchez, le fondateur et président de Make.org, a inauguré, le 11 avril à Paris, le quatrième rendez-vous des partenaires de l’opération Stop aux Violences Faites aux Femmes (#StopVFF), lancée fin 2017. L’occasion de remercier, tout d’abord, “un acteur particulier de cette aventure, le premier à être monté à bord”, la Fondation Kering. “C’est grâce à ce premier élan que nous avons pu rassembler tous les autres partenaires qui permettent à ce programme de trois ans de se réaliser”.

>> Découvrir le plan d’actions #StopVFF


L’occasion, aussi, de saluer “toutes les associations, qui pour certaines travaillent depuis des dizaines d’années de façon extrêmement engagée sur ce sujet” : “La réunion de ce soir est importante car nous nous sentons redevables de la confiance que vous nous avez faite en acceptant d’entrer dans notre aventure.”

L’occasion, enfin, d’expliquer le rôle de la Make.org Foundation, présidée par l’entrepreneur François de La Villardière et désormais chargée de la mise en oeuvre des actions, avec le soutien de nouveaux partenaires comme EY, ShareIT, CoorpAcademy, White&Case…

Après une présentation de 3 actions qui ont significativement avancé, Mémo de vie, Suis-je seule ?, et Certif Soutien Femmes, les participants se sont réunis en tables rondes autour de trois enjeux liés aux violences faites aux femmes : le renforcement du rôle du personnel de santé et de la prise en charge des victimes, la mobilisation des témoins de violences et de harcèlement, et le harcèlement et les violences en milieu professionnel.

Car comme l’a rappelé Estelle Colas, directrice des Grandes Causes chez Make.org, “une Grande Cause, c’est un déploiement concret d’actions sur le terrain, c’est ce qui permet d’avoir de l’impact, de changer la donne, mais c’est aussi une communauté, une coalition des différents acteurs que l’on réunit régulièrement parce que l’on veut créer des synergies, des liens, faciliter les rencontres et les échanges”.

Retour sur les temps forts de la soirée

Dorothée Belle, directrice chez EY Consulting

“Merci de nous accueillir sur ce beau plan d’actions de la société civile, nous sommes vraiment ravis de vous rejoindre. Nous avons souhaité nous investir à vos côtés sur cette Grande Cause car nous sommes un cabinet de conseil et d’audit, mais nous sommes aussi un acteur de la société civile, et nos collaborateurs souhaitent s’investir sur des sujets comme celui-ci, qui trouve beaucoup d’écho dans notre quotidien. C’est un sujet sur lequel nous sommes déjà engagés, mais cela va permettre de donner un nouvel élan à cette cause au sein de notre cabinet. Certains projets ont déjà avancé, d’autres ont encore besoin de carburant. Nous allons donc apporter un soutien opérationnel à la mise en oeuvre de 6 de ces projets, en mettant à disposition douze de nos collaborateurs, un binôme par projet, pour aider à les faire aboutir.”

MÉMO DE VIE, porté par France Victimes, intègre le programme d’accélération de ShareIT

Olivia Mons, directrice de la Communication et du Développement chez France Victimes

Actuellement, selon les enquêtes de victimation, 1,6 million de personnes sont victimes de violences physiques ou sexuelles. 78% de ces personnes ne déposent pas plainte, soit parce qu’elles ne croient plus au système judiciaire, soit parce qu’elles se sentent complètement seules. Nous avons donc souhaité mettre en place une application qui serait une sorte de journal intime sécurisé, un coffre-fort numérique pour conserver de manière totalement sécurisée des documents précieux (pièces d’identité, certificats médicaux, jugement de divorce, livret de famille), mais aussi des témoignages d’amis, de voisins, de collègues, des photos de blessures, des vidéos… L’application proposera aussi aux victimes toutes les ressources nécessaires pour les accompagner dans le cheminement vers le dépôt de plainte et la sortie de la situation de violence.

France Victimes, c’est 35 ans d’expérience, 130 associations locales et 1500 professionnels au quotidien, présents dans les tribunaux, les commissariats, les hôpitaux… Pour mettre en oeuvre cette superbe idée qui a émané de la consultation, des ateliers de transformation et de cet accélerateur d’intérêt général qu’est Make, nous avions besoin d’un deuxième accélerateur, technologique, qui nous donne les moyens d’un écosystème vertueux pour apprendre à mettre en oeuvre ce projet, et nous sommes ravis d’avoir été retenus par ShareIT. Nous aurons aussi besoin de l’ensemble de la communauté de Make pour avoir des expériences d’utilisateurs et faire aboutir ce projet.”

Marie Bellocq, directrice des opérations chez ShareIT

“Le projet qu’Olivia vient de décrire est exactement ce qui nous donne envie de nous lever tous les jours chez ShareIT : comment réussir à répondre à des problématiques sociétales avec des enjeux et des défis tech à résoudre. ShareIT a un programme d’accélération tech gratuit sur 10 mois pour accompagner des entrepreneurs sociaux. Concrètement, nous allons aider des associations ou des start up qui ont à coeur de résoudre une problématique sociale ou sociétale importante, à développer et déployer une solution numérique innovante, puis à devenir autonomes. Nous avons des partenariats avec des grandes sociétés de conseil comme Accenture, InTech, Maltem, qui détachent pendant plusieurs mois en mécénat de compétences des développeurs, des chefs de projet tech, pour garantir notre objectif, “We deliver tech for good”, donc délivrer de l’impact. Ce qui nous intéresse, c’est la manière dont l’entrepreneur social va vouloir répondre à une problématique de manière innovante. Nous avons sélectionné le projet de France Victimes sur ce critère-là, parce que le sujet était abordé de façon vraiment intéressante.”

SUIS-JE SEULE, porté par Sandrine Rousseau et l’association PARLER, va recevoir l’accompagnement légal du cabinet international d’avocats White&Case, et vient d’obtenir une subvention du Conseil régional d’Ile-de-France

Sandrine Rousseau, présidente de l’association PARLER

Le projet Suis-je seule part d’une idée simple : si on est victime de viol et qu’on va déposer plainte seule, il y a une chance sur 100 pour qu’il y ait une condamnation. Or si on veut vraiment lutter contre les violences sexuelles, il faut que justice passe. La plupart des victimes ne déposent pas plainte car elles ont peur de ne pas être crues, et elles se sentent trop seules pour affronter un processus judiciaire. Les statistiques montrent aussi que si 3 ou 4 personnes déposent plainte pour des faits similaires, avec une même personne accusée, la justice a toutes les chances de passer. L’idée de Suis-je seule est donc de permettre à une victime de violences sexuelles de déposer sur un site totalement sécurisé le nom de la personne qu’elle accuse. Et dès lors que 3 personnes ont déposé le même nom (codé, sécurisé), ces 3 personnes ont alors rendez-vous avec un même avocat, qui pourra dire à chacune qu’il existe d’autres victimes du même agresseur. Et je peux vous dire qu’il y a des dizaines de milliers de victimes qui attendent d’entendre cette phrase pour avoir le courage de déposer plainte.”

Agathe Malphettes de la Jonchère et Mûre Maestrati, avocates au cabinet White&Case

Agathe Malphettes : “White&Case est un cabinet d’affaires international qui travaille dans tous les domaines du droit, et nous avons notamment une activité dédiée au pro bono, c’est-à-dire des interventions bénévoles pour des entreprises philanthropiques ou des missions d’intérêt général. Et à cet égard, la cause des femmes est particulièrement importante pour le cabinet.”

Mûre Maestrati : “Le projet de l’association Parler et la plateforme proposée par Sandrine nous a beaucoup touchées, et nous avons choisi d’aider à sa mise en oeuvre et de réfléchir aux difficultés juridiques qu’elle pose, en matière de protection des données personnelles, en droit pénal, en droit social… Donc toute une équipe d’avocats est derrière nous sur ce projet, et nous sommes ravies de vous accompagner.”

CERTIF SOUTIEN FEMMES : la Police nationale annonce le déploiement d’une formation inédite à l’ensemble des policiers, avec le Collectif féministe contre le Viol et CoorpAcademy

Armelle Lavergne, directrice du contenu chez Coorp Academy

“Coorp Academy est une “ed tech”, une plateforme de formation en ligne innovante, qui propose de déployer des programmes pédagogiques à un très large public. Jusqu’à présent, nous travaillions essentiellement avec des grandes entreprises, et nous avons eu envie de mettre notre savoir-faire au service de causes sociales, de porter des projets différents et de s’ouvrir à d’autres écosystèmes. Notre objectif va donc être, à partir des “mallettes” de formation de la police, de développer avec les associations un contenu pédagogique à destination des policiers, et de déployer ce dispositif en ligne pour qu’il soit accessible à l’ensemble des policiers, pour qu’ils puissent y accéder n’importe quand, de façon flexible, poser leurs questions, avoir des réponses, et suivre les programmes qu’ils souhaitent en fonction des problématiques qu’ils rencontrent. C’est le premier projet “for good” que nous portons et cela fait écho à une cause qui nous tient à coeur.”